Anvers Chapelle Elzenveld 14 décembre 2008

Eliane Rodrigues devient Chopin ou vice-versa

Dans l'Andante Spianato et la grande Polonaise Brillante opus 22 de Chopin qui inaugurèrent le concert, nous avons entendu Eliane Rodrigues donner vie à ce génie polonais du piano. Par le biais d'une représentation onirique, le Maître s'éveille tumultueusement à la vie. Eblouissant. Dans la Ballade I en sol opus 23, à nouveau, nous avons plutôt entendu une musicienne cherchant à exprimer toutes sortes de tensions et de frustrations, jusqu'à les hurler véritablement tout en se contrôlant intelligemment. Durant la Ballade II, la Polonaise en fa dièse et la Ballade III en la bémol, c'est à travers une esthétique personnelle très prononcée qu'Eliane Rodrigues conduisit le public jusqu'à la grandiose Polonaise l'Héroïque. Quoi qu'il en soit, sous ses mains, cette polonaise s'avère à la fois fragile et majestueuse.


Autant de raisons de rappeler l'artiste sur scène. Eliane Rodrigues a touché chacun en plein cœur. Elle a révélé - une fois de plus - son but en interprétant une œuvre tellement charmante de Chopin et en l'exécutant avec gratitude. Une reconnaissance non seulement envers le compositeur, mais aussi explicitement adressée aux infirmiers et travailleurs du secteur des soins de santé - comme les ambulanciers qui, il y a peu, ont dû l'emmener suite à une crampe dans le dos. Avant le début du concert, elle perçut la consternation chez ces gens lorsque, dans la clinique voisine, un patient ne put être sauvé malgré les meilleurs soins. Lors de la divine reprise qui arracha des larmes à plus d'un, Eliane Rodrigues fit preuve de cette profonde sensibilité qui la caractérise en toute chose.


Ludwig Van Mechelen - Klassiek Centraal 16.12.08
www.klassiek-centraal.be